"On va dans le mur" : le diagnostic de Bernard Nicod sur la pénurie de logements

Après 52 ans de carrière et 443 immeubles construits, un bâtisseur de référence livre un constat sans concession sur l’avenir du logement en Suisse.

Invité à l’ouverture de REM SWISS 2026, Bernard Nicod ne cherche pas à rassurer. Celui qui a traversé les crises de 1974 et de 1990 annonce une période bien plus dure, et une pénurie de logements qui ne touche plus seulement Genève ou Lausanne mais gagne les villes en plein essor comme Bulle.

Son diagnostic vise moins le marché que le pays lui-même. Complexité des normes, perfectionnisme réglementaire, multiplication des recours, repli des riverains sur leurs intérêts : autant de blocages qui paralysent la production, alors que le départ des baby-boomers et la baisse de la natalité vont creuser le déficit pour une décennie. Pour lui, l’équation n’a pas de solution rapide : changer les lois prend des années, et les mentalités ne suivent pas.

Il assume une autre tension rarement posée. La rénovation énergétique du parc bâti, et donc les objectifs 2050, reposent sur une main-d’œuvre essentiellement étrangère, au moment précis où les votations interrogent l’ouverture du pays. Volonté de transformer, réticence à en payer le prix politique : la contradiction est sur la table.

Un regard de patriarche, direct et sans filtre, à écouter sur les canaux REM.